Friday, October 24, 2014

Photos

Saturday, October 18, 2014

Dames d'amour

Dames d'amour, d'âme et d'amour. Entre l'extraordinaire Lala Njava, sa voix profonde si généreuse, et l'extraordinaire Thérèse Ngalula, ciseau d'or et espoir du stylisme. A l'avant, une plume d'or, et la quatrième peintre de grand talent.

Monday, October 13, 2014

Couleurs

Wednesday, April 30, 2014

Noir n'est pas une couleur

Sunday, March 16, 2014

Chants perdus

... une vie de vers, de rêves, d'attente et de silence ...

Tuesday, December 24, 2013

Elle

Elle, c'est une femme pas comme les autres. Habitée par des multitudes, des foules ébahies qui l'idolâtrent. Des êtres blancs et noirs qui défilent sous ses paupières. Des êtres qu'elle a croisés, qu'elle a choisis, qui l'ont choisie. Parce qu'elle portait ces masques qui les représentent tous, ces livres et ces mots qui hèlent l'avenir. Un avenir commun. Un avenir à vivre. Dans la même cité, comme voisins. Sans barricades. Elle. C'est une femme racée jusqu'aux bouts des ongles. Elle est belle, mais l'est-elle ? Quel est ce noir tiré au blanc sous la peau. Cette transparence du regard qui transperce. Cet élan du coeur qui arrive comme une rafale et ravive la mémoire du sel. Elle, je la vois, et elle me voit. Enfin. A travers les jours et les années, à travers les siècles, notre art absent, ce que l'on n'en dit pas, rendu évident, tisse le lien d'une vision alchimique. Et c'est l'éternité qui s'offre à nous d'autant plus authentique qu'elle s'accomplit en dehors et en dedans. Sans loi. Elle, c'est une magicienne, un être magique qui échappe aux contingences. Sortilèges, ses tableaux qui ne parlent que de nous, qu'importe le continent. Elle, c'est une femme blessée qui renaît de ses cendres. Sa voix est douce comme la vérité. Une mélodie qui berce les vivants et les morts.

Thursday, November 21, 2013

Née anti-A

Anéantie, on vit dans ses pantoufles. On respire le temps et le temps nous aspire. On gobe l'univers, un souffle d'ogresse. On a tout le temps, et le temps nous a. Nous assimile à. On est heureuse du pouls, de la circulation du sang, dans les veines, toujours bleues, de la respiration régulière, des poumons qui se soulèvent, des muscles qui fonctionnent encore, moins bien que le cerveau. Peut-être. On sait qu'on ne sait pas, qu'on n'a jamais rien su, ou qu'on ne sait plus.
On ronfle paisiblement, toute la vie. On fait le ménage. On n’a plus besoin de rêver. On est dans le rêve, on l'est. On sait qu'on ne sait pas. On est. On est l'anéantie, la femme absente. On a tout le temps, on a son temps, tout son temps. Le temps nous a. On sort par tous les temps, on sort.

Le sort nous a épargnée, on est l'anéantie. On a des doigts au bout des mains, palmes d'alors. L'or brille, sourire du manchot. On n’est plus couchée ni courroucée. On n’est plus tranchée ou menacée. On n’a plus honte d'être soi. On a perdu ses mots. On a tout confondu. On est née anti-A. Née ANTI-A

Thursday, October 10, 2013

Wilfried Martens, mort ...

Wilfried Martens, mort ... je me souviendrai toujours de ce jour où, suivant mon cours de technologies au Parlement européen, il se leva, austère, intima le silence aux participants, pour me faire un discours de félicitations ... Impressionnant ... Ensuite, le croisant dans les couloirs il me remettait à chaque fois sa carte de visite : "Venez me voir ..." me disait-il d'un air concentré. Il n'oubliait pas. Je n'y suis jamais allée, et maintenant il est trop tard pour savoir ce qu'il aurait eu à me dire, ni ce qu'il avait vu en moi ...

Saturday, June 15, 2013

Atelier

Friday, May 31, 2013

Slam à l'Ö

Samedi 1er juin, "Slam à l'Ö", organisé par la Commune de Forest.

Friday, March 22, 2013

Les RES, théories et pratiques

Demain, au CAL de Namur, sur la méthodologie des réseaux d'échanges de savoirs.

Friday, March 08, 2013

Tissé de mots ...

Friday, June 29, 2012

Les déboires durables à Forest

....

Tuesday, October 25, 2011

Journée d'Etude TICE et développement en Afrique des Grands Lacs

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Thursday, October 20, 2011

Antoine Tshitungu au Club Richelieu

Invitée par un ami, je participe à une conférence-dîner au restaurant « Le Relais St Job » Place St Job à Bruxelles.

L'oeuvre de « Raymond Ceuppens, un écrivain et artiste peu connu» y est présentée par notre ami Antoine TSHITUNGU, que j'ai eu l'occasion de rencontrer ici et là, lui-même écrivain et depuis peu, professeur à l'université dans son pays.

Raymond Ceuppens nous est présenté sous son double visage de plasticien et d'auteur.
D'un côté, il travaille les matériaux de récupération et ses estampes se retrouvent progressivement dans plusieurs pays. De l'autre, il écrit. Son thème privilégié est la massification de la misère.

A la fin de sa conférence, Antoine Tshitungu me fait l'honneur de me demander une lecture ... Je lis, avec cette voix profonde qui est la mienne.

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Sunday, October 16, 2011

Bonjour Daniel !

L'article de Michel se trouve par ici

Bonne lecture,
et encore merci pour l'invitation à la Bibliothèque Hergé !

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Monday, October 03, 2011

Sables mouvants

http://www.youtube.com/watch?v=5JoMVRv-ZRI&feature=related

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Les nouvelles Fantine africaines

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Friday, February 11, 2011

Chants perdus

Sunday, August 15, 2010

Un peu transformée

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Friday, October 02, 2009

Bulles de savoir



Bulles de savoir : c'est le joli nom qu'a donné Michel Bastin au journal du réseau des savoirs qu'il gère dans la commune d'Etterbeek.
Il y a quelques mois j'avais aidé ces amis à créer leur tout nouveau site internet, brillamment amélioré et maintenu depuis par Vincent.

Et voici, que suite aux lectures du poète breton Carlo Breton, l'hiératique "Porto Alegre" y est publié !


Michel Bastin est l'image même de la réciprocité - cette vertu quasi politique qui place l'homme au centre du monde.

Wednesday, September 09, 2009

Lecture au Triskell

Sunday, September 06, 2009

Invitation poétique

Wednesday, August 19, 2009

Rédac'chef sur Ladiesroom

La nouvelle est tombée ce matin -

L'inénarrable Barb, toujours aussi perfectionniste, m'a déjà fait un article :
http://ladiesroom.fr/2009/08/19/tina-devient-redac-chef/


On dirait qu'elle m'a toujours connue : il y a des choses qui ne s'expliquent pas.


Hélas, mon PC est tombé en panne : je suis en train d'imaginer comment je vais faire !
http://ladiesroom.fr/2009/08/24/quest-ce-qui-marrive/


"Allô, Seigneur ?"

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Sunday, August 02, 2009

Photos de vacances









Petit intermède familial ...

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Friday, July 10, 2009

Femmes migrantes : les talents des femmes invisibles



Il y a deux ans, au Parlement européen, je lançais l'idée d'une exposition La femme invisible. Où sont les femmes dans les technologies de l'information et de la communication, telle était la question que je voulais poser en ces lieux où l'égalité des chances relève de tout un département : apparemment, personne n'y avait encore pensé. Comme quoi, entre réalité et pratique, il y a bien un fossé et les cordonniers (les parlementaires) sont les plus mal chaussés.
Et moi elle me venait de loin, puisqu'en 2000, j'avais déjà promu "Femmes et technologies" chez Agoria.
"Les femmes autrement" s'étaient alors regroupées, mais pour se diluer dans la création du Centre pour l'égalité des Chances qui s'annonçait. En effet, il n'est pas utile de multiplier les structures, pensais-je alors, l'effort doit se faire pour rassembler, coordonner.
Le temps passe, et l'égalité est toujours une question, un mythe qui ne résiste pas à l'approche ni au paradoxes du vécu. La récente loi sur le divorce en est bien une illustration magistrale qui présuppose l'égalité et plonge pourtant dans la précarité et la pauvreté les nouvelles femmes.


Ce thème de l'invisibilité m'est donc revenu sous une forme différente : est-il inhérent à la condition féminine, ou m'est-il propre ? Toujours est-il que, voulant mettre à disposition de la diversité les outils du knowledge management, je me retrouve embarquée dans une millième histoire de réseau "citoyen et solidaire" des femmes migrantes. J'ai donc eu l'idée de mettre en lumière leurs talents au travers d'une exposition collective, et par la même occasion porter leurs revendications au politique.
Il y a en gros deux buts à la gestion des connaissances : capitaliser ou/et innover.


L'initiative est ici de coupler différentes approches afin de permettre à ces personnes de faire entendre leur voix, de rendre visibles leurs débats, et qui sait ?de provoquer une innovation sociale quelconque leur permettant d'améliorer et de surprendre l'avenir ?


Femmes migrantes, au boulot !


ps : l'oeuvre magistrale symbole de l'exposition est la création de l'artiste brésilienne Inez Olude

Monday, June 22, 2009

Beltram Carlo, un poète breton à Bruxelles

Sunday, May 31, 2009

Sustainable development

A la conférence sur le développement durable de la Commission européenne.



Photo par Adrien Piron.

Friday, May 08, 2009

Dominique Braeckmann, femme politique, un modèle à suivre

Dominique Braeckmann, une femme politique, un modèle à suivre

Sous son regard bleu intense, (mais est-il vraiment bleu), à 53 ans, elle a les joues de pêche de l'enfance, une fraîcheur qui donne soif. Et derrière ses lunettes, la maturité d'une femme accomplie, intelligente, responsable, maîtresse d'elle-même, mais sans ostentation… Une sorte d'évidence s'impose : la simplicité faite femme politique, dans la discrétion et une forme de persévérance qui ressemble à un succès, celui des résultats concrets.
Tout naturellement, nous en venons à l'engagement politique, à ses écueils, à ses questionnements. Nous abordons les combats qu'elle a menés pour l'environnement, pour faire reconnaître la langue des signes. Nous parlons aussi des femmes, de la politique de l'emploi, des difficultés de la jeunesse, de nos enfants. Nous évoquons les grands défis de l'éducation et de l'environnement, qu'elle connaît très bien, ayant commencé sa carrière dans l'enseignement technique. Dans les années 90, elle fut derrière les piquets de grève après les accords de Val Duchesse.
Les mesures trop frileuses prises par le gouvernement expliquent alors en partie ses débuts en politique : mais rien d'exceptionnel, non vraiment, cela coule de source. Et bien sûr, le hasard, dit-elle ... 10 ans de mandat, 10 ans de confiance des électeurs et de son parti !
Derrière la légèreté du ton, la modestie, on sent la force de travail, la conviction de longue haleine qui déplace les montagnes. Telle est Domique Braeckmann.

Et après ses premiers combats écologistes sur le terrain environnemental, elle s'attelle aux problèmes sociaux, une priorité pour elle ... Tout au long de son mandat, au Parlement bruxellois, à la Cocof ... ce sont les handicapés, les associations qui retiennent toute son attention.

Nos vies semblent s'être croisées à de multiples reprises, ici et là : nous sommes de la même génération, nos enfants ont fréquenté la même école, traversent les mêmes difficultés, nous avons l'une et l'autre enseigné à nos débuts. Tout naturellement, l'entretien se fait confidences. On en vient à parler de l'essentiel, de ces sujets qui font le coeur des êtres, notre substance intime. La conversation, de fil en aiguille, de silence en dialogue, dure finalement ... 3 heures. Et c'est moi qui ai surtout parlé, sans l'avoir voulu, sondant en catimini l'écoute incroyable de cette femme, fascinée par celle qui me regarde assidûment, avec cette attention non méritée. Certes, je savais que j'abusais. Mais à la fois j'avais peine à briser cet échange. J'avais l'impression de me ressourcer dans ses yeux probablement bleus, si clairs et limpides et pourtant voilés du mystère de ceux qui possèdent plusieurs mondes en eux, et la force de l'espérance.

Saturday, April 04, 2009

A Tour et Taxis

A Tour & Taxis, la fête du Congrès des Verts bat son plein : musique et zakouskis !


Tuesday, March 24, 2009

Une société plus juste, une Europe plus intègre




En cette période électorale, chacun rêve à un monde meilleur.
Si j'étais candidate, voici quelles seraient les lignes de force de mon programme.

1. Promouvoir une autre conception de l'emploi basée sur la gestion des connaissances. Cette nouvelle approche se situe aux antipodes de la politique impulsée actuellement par l'Europe et les Etats membres. La stratégie de Lisbonne, en employant la MOC et le benchmarking s'est trompé d'outils. La politique du gouvernement actuel n'est qu'un épouvantail qui n'ose pas regarder en face les oiseaux de proie qui nous guettent. Au contraire, c'est la ressource essentielle qui est gâchée : la force de travail et la créativité.

2. Réorganiser les institutions de l'intérieur et en les décloisonnant pour en ressusciter la raison d'être, en améliorer le fonctionnement, notamment en termes d'information et de gestion. Lutter contre la corruption à tous niveaux, promouvoir la justice et la mixité sociales. Plus particulièrement pour les institutions européennes, un problème va se poser à moyen terme si des mesures préventives ne sont pas prises. En effet, les immigrés de seconde génération sont en réalité la vraie chance de la "citoyenneté européenne" instaurée par Maastricht. Or, par le système d'éducation actuel, la carrière européenne devient affaire de famille tout comme les privilèges d'autrefois (cf l'éducation "européenne" réservée aux enfants des fonctionnaires déjà nommés).
Il n'est pas normal que les assistants parlementaires n'aient pas de statut, pas normal non plus, que la politique soit réservée à des "familles", quelle que soit leur qualité : l'Europe et ses valeurs doit être ouverte à tous.

3. Réconcilier économie, socialisme et écologie afin de faire face durablement aux défis de la planète et de la mondialisation.

4. Parce que les femmes sont actrices de développement face aux enjeux mondiaux, il est primordial de réconcilier la pratique inégalitaire et la législation qui instaure une égalité hommes-femmes de droit. Notamment l'égalité économique en matière de salaire (prévue par le TCE) et défendable en Cour européenne de Justice. Notamment renforcer la législation en matière de harcèlement moral dont les victimes "types" sont : femmes, plutôt jeunes, d'origine immigrée.

5. Face à la crise, si des fonds publics sont investis dans les banques et les entreprises, ne faudrait-il aussi promouvoir le modèle de la participation des travailleurs à la possession de leurs moyens de production, la possession de l'entreprise ?

6. Refonder les politiques en matière de coopération et de développement, en promouvant le partenariat et le lien de la diaspora avec sa culture et son pays d'origine, notamment sur le terrain de l'emploi. Distribuer autrement les finances disponibles afin d'atteindre plus précisément, directement les ayant-droit.

7. En revenir littéralement aux droits de l'homme.

8. Utiliser la culture, sous toutes ses formes, comme levier politique pour retisser le lien social et coordonner des mondes divergents qui font partie de notre réalité paradoxale.
Explorer les enjeux et légitimer les nouvelles voies de création qui ont émergé des nouveaux media et de la révolution numérique.


Ces idées font partie depuis toujours de mon combat quotidien.

Monday, March 16, 2009

Bea Diallo, la force tranquille d'un éléphant sur le ring politique belge

Cet article est à paraître dans le magasine EuropeAfrique.
L'interview a été réalisée avec Oscar Gasarabwe.

Saturday, February 14, 2009

Andy Goldsworthy, un artiste écologiste



Cet article est paru sur le site d'Etopia, le 12 février 2009.



Sculpteur environnementaliste, architecte, créateur de paysages, figure de proue du Land Art, Grand Horloger, peintre modiste, agriculteur, Druide : en un mot comme en cent, nous qualifions Andy Goldsworthy d’artiste écologiste.
Andy Goldsworthy, un artiste écologiste ? Comme surgie des entrailles de la Terre, avec ce mouvement de cheptel en marche, en transhumance ou à l’étable, ce grand mouvement de vie de passage, son oeuvre vient à nous du fond des âges et perpétue un art qui a commencé depuis la nuit des temps. Elle affirme les grandes présences de ces dieux tutélaires que l’on ne nomme plus ainsi : Ciel et Terre, le Temps, le Soleil, la nuit et le jour.
Sculpteur avant tout. Mais de quelle matière ? Il sculpte l’aridité et l’énergie de la pierre, l’hiver des arbres, leur lent sommeil, la lumière du soleil là où il change. Vannes célestes pour quels miracles !
Galets griffés à blanc ou cuits au feu, glaçons collés aux rocs, dalles saupoudrées de neige, magie des statues de gel, ou de laine gelée, sarcophages de corps d’arbres, Andy Goldsworthy semble quêter le coeur de feu de la pierre, sa matière secrète, violence forgée de glace. Sculpteur forgeron, il soude la glace à la glace, inlassablement, la glace au roc. Il forge la pierre au feu des feuilles. Feuilles d’érable rouges, aux limites de pierres prenant le soleil ; feuilles de hêtres, jaunes, à attendre les saisons ; fleurs de pissenlit, entre la glace et sa trace. Hiver, frêne ; printemps, hêtre ; sycomore, été ; noisetier, automne.
Voyageur infatigable, son Arche fait le tour de la Terre, comme un anneau protecteur. Est-ce l’oeuvre d’un sculpteur, ces autels pour protéger le feu de la vie, témoigner d’une énergie éphémère, recyclable ? L’amour, comme un travail de paumes offertes. Une offrande de pierres, autour des arbres, le long des brise-lames, et quelquefois ces piles lavées par les marées, telles des mages, si belles à toucher qu’elles en évoquent celles de Brancusi, mais hors des lieux dits de culte de la culture, hors des musées. Il sculpte l’énigme des roches face au sable, le battement des vagues sur le silence des récifs, en équilibre frêle face à l’éternité. Sculpteur de vent, d’air et d’aubépine sauvage, sculpteur de la mémoire des siècles.
Paysagiste, qui habille l’homme de ses rêves. Infatigable Arpenteur du Temps qui passe et qui trépasse. Les saisons, les paysages défilent ; les couleurs, les visages, comme les paysages changent. La glace, le givre, le verglas, les immensités gelées, les grands lacs engloutis, tout se mêle et se démêle dans les mailles du temps. La main caresse le sol, étend son ombre sur les compositions bancales (cercles de feuilles, sculptures de sable), communique l’énergie de vie aux formes et aux couleurs. Un instant et tout a chancelé, les arches ont été balayées par les intempéries et les marées. Peintre modiste : la mode cette année encore sera à la neige, aux feuilles courtes, aux épines accrochées aux tiges, aux couleurs vives. Andy Goldsworthy découpe ainsi les saisons, à son gré, taille les branches dans une avalanche de souvenirs oubliés, de visages déchus. Amant des paysages, les formes n’existent pas pour elles-mêmes, elles renaissent éternellement et ce renouveau se présage dans leur chute même. L’ombre apprivoisée se cogne à la lumière et reste encore quelques instants alors que le sujet n’est plus – Andy Goldsworthy de toute évidence a peint l’arc-en-ciel de couleurs terrestres. Il colle un arbre mort au sable rouge et le rend au soleil, tandis qu’au clair de lune ses statues champêtres diffusent une lueur blanche, accompagnant le voyage des pierres dans l’au-delà.
De paysagiste, le voilà Grand Horloger, Grand Prêtre de la Nature, à apostropher le Temps comme l’on mesure l’érosion sur les falaises. Sa matière est l’action du temps, celle du ressac, de la parabole des astres et du circuit de la sève des arbres millénaires. Et qu’est-ce que cet « arbre chantant », monument futuriste à l’écart, qui siffle à tous les temps ? Des tuyaux métalliques susurrent au désert le mystère des vents … Andy Goldsworthy ne représente-t-il pas la rotondité de la planète, son amas d’atmosphère, son souffle de bruine solitaire ? Il photographie ces tragédies et bacchanales de feuilles. Il guette les instants impossibles comme l’arbre de sable rouge, ou un serpent émergeant d’ossements dans un désert. L’infini dans le fini, la chair faite pierre.
Enfin, la trace qu’il laisse devient partie intégrante du lieu lorsqu’il imprime son ombre dans les carrières. « L’ombre que nous laissons est preuve de notre passage » dit-il. A sculpter l’éphémère, il entre dans la représentation des choses et touche ce que l’homme était avant d’être et ce qu’il sera lorsqu’il aura disparu. Les signes sont là réduits à l’énergie qui circule, et à la couleur noire. Andy s’intéresse à cette « nuit elle-même, au travail accompli de nuit, pour la nuit et pour être vu de nuit ».
« Plumes de corbeau posées sur le sol tôt le matin, avant la montée du vent qui les a emportées ». Il est conscient de cette couleur noire contenue dans toutes choses « je parle d’une profondeur et d’un espace de la nature qui s’écoulent par la terre, la pierre, l’arbre … l’énergie qui suscite le changement et la vie ».
Grande détresse des XXème siècles ! Faut-il représenter ? Photographier l’impromptu des couleurs, ces tons d’un jaune, d’un rouge jamais vus ? La tendresse révélée des pierres, la fluidité des formes, des arcs et des lignes, la sinuosité du périple, le cycle des saisons et des matières ? Mais les formes de Goldsworthy représentent, se fondent dans le cosmos auquel elles se confondent avant que l’on s’y abandonne. Ses oeuvres sont des pèlerinages, des rites magiques, qu’il greffe sur notre terre, sous le pas de nos errances, au plus visible de notre horizon – ou en contrebas.

Thursday, October 11, 2007

Un homme libre

Gitan et député européen -
Il retient les images.

Vivre passionnément, chaque instant, dans le respect des êtres : se dit-il ainsi. Nomade, il vit dans une roulotte. Quand il a le temps, il ajoute quelques pierres à cette maison qu'il construit lui-même, tout là bas, j'ai oublié où.
Le Feu, la glace passent entre les mailles des mots.


Et la Mémoire ? plusieurs strates, plusieurs couches permettent de vivre, à des niveaux, à des endroits différents. Toujours à l'aise, toujours chez soi. Partout. Silence dans les regards.


L'emploi et le cirque, une image puissante, avec la Commission européenne : une tête dans la gueule d'un lion. Manifestation ce samedi en France. Je n'y serai pas. Regrets de je ne sais quoi.



Il dit qu'il est capable de classer les expériences dans des cases, bien compartimentées. Je dis : dangereux. Je pense : "un Homme Libre, encore vivant. La vie lui a permis d'y croire encore. "

Je lui raconte confusément les bribes, les rêves d'une autre vie. L'emploi, l'allocation universelle pour tous. Je sais les barrières : grandes institutions sans âme qui se mordent la queue, et qui vivent de la misère alors que c'est prouvé qu'il y a assez pour tous, à leur mesure.
Je dis : éradiquer la notion même de chômage, abolir ce mot.
Mais il n'y a personne pour faire les connexions entre les mondes, et ceux-là, invisibles, qui s'y essaient, semblent blâmés et balafrés. C'est une erreur.

Ce député européen nous avait invités, me dit mon collègue, un homme assez étonnant, à une fête pour goûter les produits roumains. "Donner envie d'aller là-bas".
Nous buvons le vin, nous partageons les desserts. Puis nous partons.


Un bel instant de convivialité, grâce à cet homme qui parle à chacun comme à un proche, donnant ainsi l'envie de le suivre, un bout de chemin, pour voir, si la roulotte mène bien partout où il y a quelquechose à voir, quelquechose à apprendre, et plus encore à aimer.

Friday, October 05, 2007

La Poétesse


Elle écrit avec sa voix

ses cordes vocales

et orales



elle écrit avec ses mains

avec ses pieds

avec ses yeux


l'eau et le feu


elle chante avec ses oreilles

d'une voix étrange

exsangue


allègre

à l'aigre


Vois !



vois comme elle danse

sur sa tête

et toutes ses dents



Astres et désastres


la Poétesse

la Poétesse

Sunday, September 30, 2007

Supernovae cinétiques

Au crépuscule absent
J’ai trouvé la rivière
La nappe souterraine
Qui abrite le vent
Et les mirages

Feuillages transparents
Eaux troubles
On croit la pierre
Renaissante

Qui scintille à travers l’eau
Force inerte
Murmure secret
De la matière

Supernovae cybernétiques
Je me rejoins
de l'autre côté
de l'hémisphère

En face de mon écran
Les sirènes cinétiques
plongent dans l'invisible abysse
et ramènent en chantant
un talisman virtuel

Tuesday, September 25, 2007

Un artiste écologiste

Andy Goldsworthy : sculpteur de cairns, de l'air et du vent. Sculpteur d'espaces et de matières vivantes, pierres, grandes forêts, feuilles, brindilles et aubépine sauvages. Voyageur infatigable d'un bout à l'autre de la planète. Son Arche fait le tour de la Terre, comme un anneau protecteur. Architecte qui s'habille de ses propres œuvres pour lutter contre la pluie et les tourmentes, contre les regrets superflus, un brin d'aurore à la main. Eleveur de murs comme l'on élève un précieux bétail… apprivoiseur de rêves et d'espoirs retardataires. Infatigable Arpenteur du Temps qui passe et qui trépasse. ".Je le vois amener les pierres et matériaux utiles à son art, comme l'on amène la troupe aux champs, en transhumance ou à l'étable. . Bêtes blessées, des feuilles d'arbres, des pierres mal équarries, des branches inachevées moins que mortes… un cheptel à dresser, nourrir et rassembler selon l'ordre immuable de la nature et l'homme réconciliés. Sculpteur éleveur. Et qu'est-ce donc que ces teintes rouges dans les cascades ? Ces feuilles de hêtres assemblées, posées comme papiers collés ? Peintre qui manie le secret de la lumière et la magie des couleurs, peintre écologiste, qui habille la nature de ses propres oripeaux. Peintre tailleur, tailleur de pierres ou de vêture pour arbres et sols abandonnés."

Les saisons, les paysages défilent, les couleurs changent. L'homme a oublié ses rêves, ses espoirs. La glace, le givre, le verglas, les immensités gelées, les grands lacs engloutis, tout se mêle et se démêle dans les mailles du Temps. La main se promène, l'ombre caresse le sol, le réchauffe - l'empêche de fondre - le plie doucement à se consumer. Tel un souvenir savamment couvé, un souvenir de jamais et d'autrefois. Amant des paysages, les formes n'existent pas pour elle-mêmes, elles renaissent, pareilles encore au visage d'une bien-aimée, que l'on croit éternelle, tandis qu'elle s'évade irrémédiablement à l'heure sonnée. Mortelle - L'ombre apprivoisée se cogne à la lumière et reste encore quelques instants alors que le sujet n'est plus - J'aime à voir cette ombre sur le sol tandis qu'Andy a disparu, traces - Puis tout renaît, et la ronde des saisons a emporté souvenirs et oubli.



Pierres, branches, terre, glaise, eau gelée, feuilles d'arbre, il sculpte l'action du temps, la lente érosion des saisons, du soleil et des marées. "Ne sculpte-t-il pas la rotondité de la planète, son amas d'atmosphère, de vent, de bruine et qui enveloppe notre bonne vieille Terre glaise et l'écharpe dans la solitude, ne sculpte-t-il pas la révolution de l'astre autour du soleil de quelque petites aspérités amoncelées là, sur notre chemin - ou en contrebas ?"

Les formes de Goldsworthy se fondent dans le paysage auquel elles se confondent avant d'y abandonner une part de soi-même, un souvenir de trop, un remords à délaisser… et l'artiste lui-même grand faiseur de tracé… revient à son œuvre, l'étudie, y prie, la photographie. Sculpteur de notre planète, ce sont des pèlerinages, qu'il greffe sur notre terre, sous le pas de nos errances, au plus visible de notre horizon.

Monday, September 24, 2007

Entre-voix

Dans la nuit
factice

tombent des mots



propices aux flammes
et aux arcanes



sirènes immortelles
pour dire
encor
tout l'or
d'alors


les météores
et leur décor
explorent


accord
dehors


_l'effort_



d' êtres sans voix
et l'âme étrange
des machines


[au repons]


Lomographie de l'irréel
l'entre-voix
cosmique
des inforoutes


te hèle

avec son bruit

supersonique
[d'astres en désastres]


Mémoire virtuelle
de l'infini
prolixe


l'ombre magnétique
apocalyptique
de pas
sans toi
[vers l'entre-chose]
nixe
d'espaces
et de miroirs


mouroirs
anthracites


Quelques autres paroles
A dénombrer dans l'opaque tacite


le silence
magique

des fils électriques


(Dans la nuit oblique -
entre l'autre et moi)

Sunday, September 23, 2007

Sur internet
La Mer imaginaire
charrie
des plumes de mouettes
et de varechs

contre les vagues
et les coquillages
des Voix virtuelles


Sempiternelles
les connexions
ne veulent pas mourir
ne veulent pas pourrir


J'allume des feux sur les glaciers
informatiques

Telle une naïade de l'aube

égarée dans les minuits
Je marche sur les ciels
Cybernétiques
Le vent emporte nos âmes
volatiles

J'allume un feu follet
Et je me signe

Friday, September 14, 2007

Ulysse et les sirènes

Message perdu concernant une exégèse d'un texte de Mallarmé
dimanche 28 août 2005

La "vieille" traduction d’ Auguste Morel n’a-t-elle pas été revue par Valery Larbaud Stuart Gilbert et ... Joyce lui-même.
Quant à la « compréhension approfondie » et éclairée du texte, l’essentiel, ici comme ailleurs, est de ne pas comprendre : passivité posthume.
« Je n’ai créé mon œuvre que par élimination » nous dit Mallarmé. L’ « écriture du désastre » « nie l’existence de ce que je dis mais aussi l’existence de celui qui le dit » (Blanchot).
L’ « absente de tout bouquet » donne ainsi place à l’ « incessant » « ressassement éternel ». Nouvel essai, nouvelle parole qui s’ajoute à l’ancienne pour lui conférer une vie élargie, mêlée multipliée par une interprétation de plus : juste un léger fond d’insectes bruissants dans la campagne comme un chant de kri-kri mutants.
Certains écrivent pour ne pas mourir, d’autres parce qu’ils sont morts déjà, d’autres encore écrivent n’écrivant pas : à chaque pas vers l’absence, l’inanité sonore de leur voix acquiert un peu de l’or cendré du rêve vespéral, récupéré au creux d’une amphore cinéraire, que ne récupérera nul Phénix.
"Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx" : se taire, c’est aussi proférer à voix haute , dans la chambre évidemment vide, les syllabes tristes du poème. Peut-être près du miroir d’une défunte nue, ou à mourir. Mais cela importe guère car dans l’or de la bouche, l’au-delà de la signification du signifiant indique alors ce seul objet dont le Néant s’honore, dans l’oubli fermé par le cadre.
Inutile aussi - inutile donc, dis-je - de se défendre de l’œuvre innommable nommée Maurice Blanchot comme d’une objection qui n’a jamais été proférée. Dans le froid de sa tombe, l’impossible des mots ressasse interminablement ce qui s’est dit : et « ce que le poète a voulu dire, il l’a dit ! ».
En remontant l’alphabet dans le « sonnet en -yx », nous avons fait un rêve, un rêve de licornes et d’un clan de sirènes, juste un rêve, que ne ressuscitera nul Ptyx, et aucun savoir fût-il polytechnique. Nulle part, jamais, englouti dans le Temps qui n’est plus le Temps. Quoi, l’éternité ? Face à la mer, la mer qui « ne veut pas mourir ».
Et ce rêve n’est pas d’ici. L’écologie politique, aucune politique, n’a rien prévu. La littérature se situe en dehors du pouvoir, dans la place d’exclusion du non-pouvoir. Et peut-être est-ce mieux ainsi ? Il y aurait même une sorte de cruauté factice à récupérer la parole étrangère et libre du poète au sein de la cité, cette même cruauté qu’il y avait au Moyen Age à mutiler un ménestrel.

Nous revendiquons notre droit au Silence, et à la Parole qui l’obscurcit.

Sunday, August 26, 2007

Intense dit-il

J'ai cessé d'écrire comme de vieillir un soir d'avril. Ce soir-là la mer était brune, marron, et presque noire aux confins. Elle charriait déjà sur les brise-lames une odeur d'algues, de parchemin et de pourriture. Dans cette écume, j'ai jeté pêle-mêle un bon milliers de pages éparses, mêlées, une centaine de nouvelles, deux ou trois romans inachevés, un essai et des milliers de rimes sans suite, sans vers. Une boue de mots et de souvenirs qui depuis des lustres ne pesaient presque plus rien, à peine l'âme des morts dans les sarcophages.

C'était en avril 2000, je m'en souviens et la mer ce soir-là, semble-t-il, crachait un vent plus sauvage, comme si elle brassait les souvenirs des écrivains déchus de toute la planète. Odeur de parchemin, d'algues pourris, de cadavres, et de renaissances. Sac et ressac de mots perdus, venimeux, abandonnés aux tourments de la matière. Un goût amer de sel, de souvenirs séquestrés, éparpillés au vent, à l'océan, à la perte immonde et infinie.

De retour chez moi, ce soir-là, les bras légers et l'esprit dégagé, sur le pas de ma porte était posé un petit tas de feuilles numérotées, agrafées ....

Friday, July 20, 2007

Ondines

Conques garnies de cendres et de chants
De mots perdus à l’audace du vent
à la face des éthers
amers ou délétères


Décor d’écorces imaginaires
Cuit par l’hiver de la voix

Dégénérescence des silènes
Et des mystères déficients
«Absalon ! Absalon !»

Depuis quand luttez-vous ?
Sirènes ... licornes ...
Ondines
noyées dans les cyberspaces

leurs traces



Est-ce lutter ?
La Joie de perdre -
Si reines et vaines

Brassant l’univers impersonnel
La vague absente
La crête toujours montante
Du réseau virtuel
Le seul espoir tangible
Des derniers désespoirs

Fragiles


Le même ciel câblé
sous-marin des océans

élan des absents

Tuesday, January 16, 2007

Silent Creek

La fiction frappe à nos portes


C’est l’histoire d’un pengouin d’Antarctique qui réalise que le changement climatique de la planète, la fonte des glaces et des icebergs polaires va avoir un sérieux et fâcheux impact sur sa communauté qui déjà commence à manquer de ressources pour les générations futures.

Afin que les pingouins ne deviennent pas une espèce en voie de disparition, ce pingouin qui a don de parole décide donc d’entreprendre un voyage aux Nations-Unies et d’être enregistré comme orateur. "Pouvez-vous monsieur s'il vous plaît m'inscrire sur la liste des orateurs du congrès ?". Mais cela est impossible car sa planète n’existe pas, pas encore. Et celui qui n'appartient pas à un pays n'a pas de voix. Il doit donc commencer par les formalités administratives visant à faire de l’Antarctique un état, alors seulement il pourra s’exprimer en son nom ou plutôt celui des siens, car l'Antarctique est une République de la Liberté - une u-topie ? - où tous sont aussi égaux les uns que les autres.

Durant son long et mouvementé périple notre pingouin rencontre des personnes, des animaux et même un nouvel être, ordinateur au processeur protéiné qui lui donneront le goût et les moyens de se battre contre la souffrance et la dérive de toute la planète, mais aussi contre les pouvoirs occultes de l'égoïsme et de l'argent.


Cette fiction est un conte environnementaliste qui attire l’attention sur les politiques en matière d’énergie, d’environnement et d’économie – une histoire d'enfants pour adultes - Les riches et les pauvres se confrontent de loin une fois de plus, mais cette fois-ci ce sont les riches qui s'enfuient sur une autre planète, vers l'ailleurs, avec leur monnaie virtuelle bien empaquetée et compactée sur ordinateurs portables. Les pingouins ne vendront ni leur or ni leur pétrole.


Ce conte - grande détresse des siècles futurs, grande déréliction du 3ème millénaire - est particulièrement actuel en ces temps de grands bouleversements où il est tant question en Europe et dans d'autres régions du monde de plans d’action contre le changement climatique, d’énergie nucléaire, et de ses alternatives renouvelables, de développement soutenable qui dans certaines régions semble bien insoutenable aux bénéficiaires mêmes.


L’auteur a choisi pour ses fictions un pseudonyme silencieusement provocateur. Qui est-il ? Silent Creek vient de Lough Derg. Lough signifie Lac en Gaëlique, le plus grand lac sur le parcours du Shannon. Le Shannon qui passe à travers est un fleuve puissant et si le lac semble doux et paisible à la contemplation, de forts courants le traversent en profondeur, dans les secrets liquides. Tout en profondeurs, Silent Creek est un paradoxe en soi, une impossibilité à dire : une eau calme traversée de courants fous ...

L’auteur lui-même sous pseudonyme est sans doute l’un de ces pingouins incroyables et courageux qui s’est intéressé paraît-il aux politiques dés les rêves de l’enfance. Alors il avait déjà 13 ans et il interviewait les grands de ce monde, pour comprendre, et pour parler - de la voix profonde surgie des eaux tumultueuses du silence.


La fiction frappe à nos portes -
ou est-ce plutôt la réalité ?


Tina Noiret

Tuesday, January 09, 2007

Saint-Jacques

Monday, December 25, 2006

InLibroVeritas

In Libro Veritas


Egalement paru dans la revue Politique
http://politique.eu.org/actualite/49.html

Saturday, December 23, 2006

Veille

Ce matin, une amie m'appelle très tard dans l'après-midi.
C'est un lapsus bien sûr : dire que l'une et l'autre avons émergé un peu tard aujourd'hui.
Nous avions convenu d'aller au cinéma.


Curieusement, nous avons passé l'une et l'autre la soirée d'hier seules, interminablement.
Moi, sur mon lieu de travail, où j'ai d'ailleurs squatté le bureau d'un ami ...
Elle me dit avoir bu, fumé, regardé des films juqu'à 5 heures du matin ...
J'imagine donc aisément son état. Peut-être n'irons-nous pas au cinéma, mais juste manger.


Ce matin, donc, réveils solitaires, avec peu d'obligations et le temps infini à notre disposition ....
Solitudes du XXIème siècle ...


Se réveiller ainsi seule m'arrive souvent quand je dois voyager à l'étranger, lorsque je ne suis pas chez moi, ou lorsque je loge à l'hôtel. Mais là c'est différent : il faut courir quelque part, se dépêcher d'aller travailler etc ......


Se retrouver donc seuls chez soi laisse toujours en arrière-goût une impression étrange, tout à fait différente, plutôt désagréable.
Ou peut-être les veilles de Noël où l'on se souvient toujours un peu des rêves brillants de l'enfance, nous prédisposent-elles à ce vacuum des fins d'années ?

Tuesday, December 12, 2006

Eldorado

Nuit lumineuse, éclats du silence, fragments d'espaces-temps cinétiques.


Par la fenêtre de mon bureau, j'ai vue solitaire sur le Philarmonique achevé cette année, tout en marbres, picoré de givres, forme surnaturelle et douce sur ce froid plateau du Kirchberg qui héberge institutions et sociétés internationales.
Méga-instrument taillé par un ogre à défaut de fée, il chante muettement une étrange sonatine qui m’attire dans l’air d’automne.

En contrebas, il y a le musée d’Art Moderne, le Mudam.
«Eldorado» : titre de l’exposition.
Est-ce un musée ? rien n’est moins sûr.
C’est un peu une descente vers un autre monde. Il faut suivre d’abord un chemin bordé de panneaux où posent et s’exposent, en noir et blanc, une série de corps répétés, anonymes, contrastes alternés sur affiche. Quelques arbustes renforcent encore l’impression d’isolement, de détachement.
On est peut-être ici au début ou à l’extrême fin du monde.
Tina Noiret

Sunday, December 03, 2006

Déjeuner à Luxembourg

Architecte. Traducteur. Architecte-traducteur. Enquêtons sur son statut. Architecte avant tout, se dit-il ainsi… Architecte donc. Est-ce pour cela que son bureau n’a plus de murs, mais des vitres, tout en haut de la tour, ici devenue presqu’infinie, tout là haut. Quel étage, déjà ? L’étage du langage. L’étage où toutes les langues sont traduites. Tour magique, tour devenue extrême, au bout du monde, d’où il revient sans doute, pour savoir ainsi parler de la complexité.

Un peu italien, un peu grec, à traduire donc d’abord. Avec quelle bouche, quel passé, quelle mémoire ? Traducteur mais de quelle langue ? A représenter ou pressentir quel sujet ? Architecte- traducteur, donc. Babel des documents épars. Traducteur d'espaces, architecte qui abat les murs pour creuser des passerelles entre ici et là-bas, à l’infini des textes … peut-être. Je le vois abattre les murs de son bureau pierre à pierre, comme l'on amène les oiseaux au ciel, un peu stressé, mais curieux, très curieux. Les parchemins virtuels se déroulent alors d’un homme à un autre, à travers tous les temps. Ils les envoie ainsi dans d’autres pays, là où ces mêmes tours s’élèvent sans murs pour rencontrer la lumière. Bêtes blessées reconquises, les documents se souviennent alors de ce qui les compose en substance, feuilles d'arbres, palimpseste, pierres mal équarries, des branches inachevées moins que mortes… Elaguer, structurer, reconcevoir. Créer. Les documents aujourd’hui sont volatiles, leur trace dans les ciels mêmes n’est que virtuelle.


Abouti architecte de l’immatériel, quand il faut en venir aux concepts, aux documents, aux échanges. Passerelles entre les langues, passages d’une tour à l’autre, d’une pièce à l’autre : architecte-traducteur.
Mais ensuite. Traduire est long et fastidieux.
@lors.


Architecte des rêves apprivoisés dans l'ombre de la connaissance - Magicien horloger qui sait truquer les rouages et œuvre plus vite que la lumière, moins que les saisons, que le froid et l'eau dégelée.

D'architecte devenu Grand Traducteur, à traduire les textes que d’autres ont écrit, documents dont on recherche le sens dans l’éternité. D’archtecte-traducteur le voici face au sens immatériel. Il jongle avec les signes et leur interprétation.
Quel est le début et la fin, le sens et la finalité de ces longs textes ? œuvre humaine, œuvre collective, il passe à Grand Architecte enfin, près d’un Dieu. Revenons à la matière travaillée. Disséquons cette matière, ces documents, leur passé gelé, leur éternité de glace, leur avenir glorieux dans le cyberspace.
Notre mémoire, notre avenir.


Ici il s’arrête. La complexité. … un souvenir de trop, un remords à délaisser…

Pourtant il ne craint rien il attend : il lance un coup de dés au monde, le monde finira bien par lui répondre.


Un peu italien, un peu grec, on ne sait pas trop.
A Luxembourg, il travaille en haut d’une tour, dans une pièce en coin, dont les murs sont des vitres.
Et de là haut il nous regarde, tandis que nous passons.

Saturday, November 25, 2006

Absurde

En relisant quelques oeuvres de Camus par temps froid et morne (c'est l'hiver), quelques citations me frappent en plein visage, au fur et à mesure :

"L'absurde naît de la confrontation de l'appel humain avec le silence déraisonnable du monde." ( in Le Mythe de Sisyphe).

"Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux." (in Caligula ).

"Celui qui ne répond pas reste enfermé dans sa réponse" écrivait Maurice Blanchot.

Nous restons enfermés, nous n'appelons ni ne répondons, lovés dans notre coquille vide, finalement nous ne savons que trop que les signes sont faux et ce que nous interprétons, ce que nous aimons nous concerne uniquement.

Alors, à quoi bon ces quelques mots ? signes dans l'océan, cygnes flottant dans les nuages, ages de pierre et hier nu. A quoi bon ces murmures, ces sons finalement inarticulés ? Soliliques pour les absents, stèles funèbres aux fantômes et aux anges déchus.

Hé ! bien ! c'est que cela comporte également sa part de Joie, la Joie absurde de ce qui vit.
Le Bonheur du visible quand l'invisible nous a happé -

Tuesday, November 14, 2006

Spilliaert, sur la digue des fantômes

Du 22 septembre 2006 au 3 février 2007, une exposition rétrospective se tient au musée des Beaux-Arts de Bruxelles.

Léon Spilliaert est né à Ostende, sur la côte belge. Toute son œuvre retrace l’ambiance fantasmatique de la ville devenue imaginaire, magique, universelle.

La même ville, autre, transpercée de regards intérieurs et de quasi murmures au fond de la mer immense, la mer du Nord, comme autrefois.
Attentes, angoisses peut-être, le long des digues grises et des brise-lames empoisonnés d’algues, épouvantés de vents, au travers de visages infra-humains l’on retrouve encore quelques rêves, quelques débris, quelques presque cauchemars - des noms d'autrefois, d'ici ou d'ailleurs -
Edvard Munch, James Ensor, Fernand Khnopff, Emile Verhaeren, Maurice Maeterlinck -
Solitudes diverses,
Vertiges.

Alors je l'aperçois, discrète sous ses écouteurs : une collègue journaliste regarde l'exposition elle aussi. Jeune femme de talent. Petit signe de reconnaissance, d'amitié peut-être, regard transparent.
Distant, équidistants.
Une amie, très certainement -
de loin -


Bientôt, je savais qu'elle changeait de maison, de travail et de vie. Je savais pourtant aussi que l'on se reverrait -

Tuesday, September 26, 2006

Une Légende

Je vous ai vu
Je vous ai aimé

Je vous ai perdu

À peine apparu
Disparu

Jeune homme aux cheveux longs
plein de promesses
et d'épines

Saturday, September 23, 2006

Le ciel découvre ce corps au visage effacé
Effacé de mains en prières


J’en appelle au ciel
Pour garder ce visage
Ces mains leur douceur
À l’abri des foudres du ciel

Ce corps d’ombres et de lumières
Probablement doux
Probablement vivant


J’en appelle au visage
Invisible
Entre ces mains


Corps nu
Visage
Paysage

Je n’ai de visage
Que ce paysage
O ! Ciels
Secourez-les

La prière
De ces mains
Qui effacent ce visage
De toute éternité

Thursday, September 21, 2006

Ana et les femmes peintes

Elle me dit : laisse-moi t'expliquer en quelques mots comment j'ai fait cette peinture.

Elle appartient à une série de femmes que j'ai peintes dans un état de soumission. C'était à un moment de ma vie où je n'étais pas très bien.
Certaines je les ai représentées à genoux, prostrées.
Celle-ci, femme offerte, se cache le visage.

A la fois, il y avait une recherche spirituelle.


Le procédé utilisé est intéressant également : je n'ai pas dessiné mais effacé.
Au départ la surface était brune et avec mes mains j'ai effacé, j'ai effacé, jusqu'à ce que les contours se dessinent.

Emue, je demande comment s'appelle ce procédé, elle me dit qu'elle ne sait pas.
C'est peut-être quelquechose qu'elle a inventé juste pour faire apparaître la présence de la femme invisible.


Elle m'offre La Femme Invisible.
Tina Noiret

Sunday, September 17, 2006

Femmes

J’ai ce visage
Orage
J’ai ces mains
Pour me protéger de la nudité

Non celle du corps mais du regard


Et puis j’ai cette nuit pour me révéler

Friday, September 15, 2006

Un an de plus ...

Un ami m'a dit : tu dois faire ta "campagne" sur ton blog.

Idée étrange, mais bon ...
comme il est consultant en nouvelles technologies, je me dois bien de suivre son conseil.


Est-ce que cela intéresse quelqu'un ? c'est mon anniversaire aujourd'hui ....


Les premiers cheveux gris annoncent les splendeurs des neiges de la vieillesse.
De la sagesse ?


Et être sage, est-ce parler ou se taire ?

Sunday, August 20, 2006

Les temps de la légèreté

Dans ses yeux, les rêves passent, ils trépassent. Tu les vois défiler, à reculons, tels «autrefois».
Des yeux bleus, distants, et soudain ils te touchent. Equidistants, hésitants.
A peine. L’effleurement d’un papillon, une aile, un mystère.

Te voient-ils ou encore autre chose ? silence, silence … dans la cathédrale de son cœur immense, les cierges brûlent.


"Des vapeurs d’or s’éveillent d’un jardin d’ailes ... "


A Katherine Berry, écrivaine féministe, dont je suis peut-être l'un des personnages ... me dit-elle.

la Robe

(…) car tout doit revenir, comme il est écrit aux voûtes de Saint-Marc, et comme le proclament, buvant aux urnes de marbre et de jaspe des chapiteaux byzantins, les oiseaux qui signifient à la fois la mort et la résurrection.
Marcel Proust, La Prisonnière.


Rouge et or, elle apparaît enfin dans sa robe de princesse. Une mantille noire, en dentelles, sur ses épaules magnifiques, déploie ses ailes (L). Elle porte sa petite couronne de madone du 12ème siècle.
Cette robe, il avait dû la lui offrir, outre-mer, par email, pour se garder ses faveurs courroucées.
Elle était à l’étranger, espérant ne plus revenir, lorsqu’il lui annonça la mort brusque de son père en France :

«Vendredi, par email, j’ai appris la mort de mon père. Je suis allé voir ma mère depuis l’aéroport.»
Et de conclure, amer : « Si tu veux faire rire Dieu, parle-lui de tes projets. »
Son père, d'origine juive et déporté pendant la guerre, venait, après des années d'acharnement et de mémoire, d'intenter un procès à l'état français et à la société de transport qui avait non seulement permis mais rendu possibles ces déportations ...

Elle n’avait pas la possibilité de l’appeler de son appartement, et se répandit alors en futilités. S’il lui offrait la robe disait-elle, elle reviendrait peut-être :

« … j’ai découvert dans une boutique – derrière un centimètre de carreau qui suffit bien à la convoitise – une sublime robe de princesse médiévale. Hors de propos, intention, nécessité, utilité et budget, je l’ai essayée – avec sa longue cape de velours noir, des bijoux tout aussi extravagants, des escarpins, et cela me confère l’air métamorphosé d’une Cendrillon redécouverte. Mes rides et même mes tempes grisonnantes s’estompent sous les reflets miraculeux du tissu d’apparat et un visage très ancien, enterré, de "fée de clarté " apparaît enfin dans le miroir, son sourire d’il y a 20 ans clignote sous mon visage à moi, mystère inabordable énigmatique et doux.
>
>Ce mirage incite à acheter la robe. La question aussitôt : qu’en ferais-je ? Nulle occasion en perspective, pas de bal masqué ni de mariage prévus … »

Il saisit aussitôt l’occasion offerte des retrouvailles :

« … vous savez bien que je vous passe tous vos fantasmes !
Achetez la robe (je vous la rembourserai), fouettez-moi, faites-en une pièce de musée perso.
Mais un jour laissez moi en délier le bustier. »

Thursday, August 17, 2006

La légende des Anges

Elle appelait
Sans voix

Dans le cyberspace


Sans toi
Les anges se tiennent là

Dit-il

Messagers
Des sphères
Cent voies
Sans traces


D’un clic
sans toit

Les être-là
de l'espace

S'espacent

L ou pas



(Hommage à Michel Serres)

Tuesday, August 15, 2006

Images

Le monde en noir et blanc


Monday, August 14, 2006

La première fois

La première, elle entra dans la chambre, le tirant par la main. Elle jeta un regard agacé sur ces rideaux mal jointifs qui laissaient passer le jour.

Elle n’était pas venue là pour lui offrir le spectacle de son désir, de son plaisir. Et surtout pas pour lui offrir le plaisir de jouir de son corps à elle, ni à son cerveau le fat triomphe de sa jouissance à elle. Elle ne pouvait se le cacher : elle venait bien pour jouir de lui, mais son regard ! ce regard narquois ! Non, elle ne pouvait le faire payer, puisqu’il ne lui avait rien demandé. Ni bien sûr le payer, elle : il ne savait que trop bien l’empilement des oppressions qui pesaient sur elle et qui le laisseraient toujours en dette vis-à-vis d’elle. Quoi qu’il lui offre, quoi qu’elle lui offre, quoi qu’il en dise ou feigne de croire, la plus intime union ne les ferait pas égaux. (Seule peut-être la lecture alternée d’un poème… mais une autre fois. Ou après). Elle était Belge et lui Français, inconnue et lui connu, précaire et lui notable, et même leurs antécédents familiaux de minorités immigrées n’étaient pas égaux, du point de vue de la littérature mondiale dominante : orthodoxe grecque contre juif polonais. Et surtout, depuis des millénaires de patriarcat, elle était femme et lui était homme.
Tina Noiret

Monday, August 07, 2006

la mémoire

Oct 1 2005La mémoire
et son cortège d’oublis
Sa cohorte de ressemblances
....


Battements de cœur
Battements d’espace
Battements sonores
Et silencieux
Du cyberspace


Toutes les mémoires
Toutes les histoires
Des vivants et des morts
Tous les appels
Universels
Et leurs traces
Leur infime résonance


Hyper texte


Toutes les voix
la même voie


Circonstances de l’anti-réel
Réel bien fictif
Vois
Textualité conforme
Au rêve de l’homme
Et de la femme
Tina Noiret

Friday, August 04, 2006

Sur un paysage d'Ana Juste

Paysage imaginaire
Femme arbre à brûler

Un arbre à crier de flammes
Quand le vert vire au rouge
Sans crier gare
Orage orange
Les mots sont des couleurs


Mon tronc est un corps éternel
Et mes racines invisibles
semblables à mon feuillage virtuel
de feux de vents
de sortilèges

Arbre flamboyant
de visions
Phénix sans cesse renaissant
Femme
Puissance


Ce visage d’éclats rouges
quand nous étions deux
ou dieux
à nous confondre
Je m’en souviens
Oui, je m’en souviens …

Porto Alegre


Les rêves sont des plantes qui gravissent les pierres,
les rêves sont des rivières qui coulent le long de la peau,
les rêves font naître un soleil là où il n’y avait rien

Les rêves sont des mirages qui recréent un visage

Apprivoisent les corps,
les rêves

Rythme sauvage
À reculons
des rêves

Thursday, February 17, 2005

D'une vie l'autre

Auteure, dans une autre vie, d'un mémoire de licence sur Maurice Blanchot, après une carrière de quelques années dans l'enseignement, j'ai pris la comète Internet dés qu'elle s'est posée à Bruxelles, dans les années 1994. L'hypertexte, créé par une petite équipe du Cern, avait révolutionné ce qui jusque là était réservé à une poignée de savants en une gigantesque bibliothèque universelle, désormais l'on pourrait se passer de mémoire et de frontières. Depuis, la vie est un long chemin qui sans cesse se détourne et revient. Et me voici, telle qu'en moi-même, dans le dehors infini du cyberspace, intériorité tournée vers l'extérieur. Je n'imaginais pas alors que j'avais pris un billet aller-retour. La répétition incessante.
(…) car tout doit revenir, comme il est écrit aux voûtes de Saint-Marc, et comme le proclament, buvant aux urnes de marbre et de jaspe des chapiteaux byzantins, les oiseaux qui signifient à la fois la mort et la résurrection.(Marcel Proust, La Prisonnière).


J'avais oublié que j'étais né écrivain, par la force du hasard métamorphosée en personnage de roman, mais les nouvelles technologies - et à vrai dire une étrange correspondance ou coïndidence, rencontre cybernétique des temps anciens, dont je reparlerai certainement en temps voulus - me ramènent à un mode d'expression si simple, si transparent, si universel et si vain à la fois, qui m'a été inspiré par ma pratique professionnelle.
L'"u"-topie du cyberspace, ce lieu "sans lieu", est aussi le seul endroit au monde, à cause de son impossibilité, de son inexistence mêmes, à permettre quelquechose comme une forme d'écriture. Impossible. Blanc sur noir, ainsi ce qui s'écrit s'efface au fur et à mesure. Art alternatif ? Nouvel "art pauvre" ? Art des pauvres ? Tout autres, nous ne savons où les mots nous porteront, car la page cette fois n'a pas de bornes, page infinie, sans bords ni rebords, sans trace de doigts ni de voix. Quelqu'un ou personne répondra à cet appel. Mais les mots sont lancés à la face de l'univers, dans leur sagesse ou leur folie essentielles, dans leur solitude. Tout est là, magma indifférencié, sur un pied d'égalité. A la fois, rem (la Chose) se dérobe, devient cette fois-ci irréductible. Le Silence soit ma Parole, l'infini sa trace, le néant sa substance.
Peut-être que l'internet devient le super media de masse, et en passe de devenir la super télévision unique, mais pour le moment, cet espace est toujours ouvert, ouvert à l'impossible ... Dans l'infini de l'espace cybernétique, la voix laisse sa trace dans le paradoxe de la désincarnation des échanges médiés par les machines.




Un bref CV :
Consultante pluridisciplinaire spécialisée en gestion de l'information et des connaissances et leur dissémination/communication par la formation, et les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

En charge ou impliquée dans des projets européens depuis 1995 :

- Project Manager dans le cadre de THERMIE (actions de type B),
- Formatrice et Project Manager responsable de programmes de formation en TIC et E-learning (Parlement européen : gestion des premiers cours en technologies de l'information à Bruxelles & création de la rubrique "Formation" sur l'intranet Inside du Parlement, CE, Centre Borschette, etc … )
- Responsable de la gestion de l’information et des connaissances, de la communication interne et externe dans le programme SFP, financé par l’union européenne (Office de Coopération EuropeAid) au bénéfice des pays ACP et des PTOMs, visant l’amélioration de l’état sanitaire des produits de la pêche de ces pays de façon à augmenter leurs revenus par un développement des échanges commerciaux et une utilisation optimale de leurs ressources.
- Active dans la promotion du rôle des femmes dans le secteur des Nouvelles Technologies, au travers de l’association des «Femmes @utrement» et autres contacts http://www.knowledgeboard.com/cgi-site/whoswho.cgi?action=detail&id=46861&authorid=510306
- Initiatrice du projet "Femmes et Nouvelles Technologies" chez Agoria par le simple constat que "D'un côté des femmes quasi exclues de certains secteurs professionnels; de l'autre, des secteurs en demande de personnel formé aux nouveaux métiers de l'information et de la communication. Ces constats ont débouché en 2001-2002 sur une campagne de la Ministre fédérale de l'Emploi Laurette Onkelinx baptisée "Les femmes et l'informatique, 100% compatibles".