Certains se demandent pourquoi un blog littéraire s’égare soudain et par intermittences dans les couloirs feutrés de la politique européenne, pourquoi parmi les livres et les fictions surgissent des photos d’événements, de conférences, d’hémicycles. La raison est simple : avant d’être un écrivain qui observe, j’ai longtemps été une ombre qui circule dans les labyrinthes du Parlement européen et des institutions européennes. On disait de moi que j’en étais « l’âme » — une expression qui me faisait sourire, très certainement exagérée, mais qui traduisait peut-être cette qualité qui me caractérise, l'intégrité, mêlée à cette manière silencieuse que j’avais d’écouter les débats, d’absorber l’atmosphère, de coller aux bâtiments, de capter les fragments de vies et d’idées qui se croisent et se recroisent là-bas. Car Bruxelles, quand on la regarde autrement, n’est pas une bulle : c’est une fiction gigantesque en train de s’écrire, avec ses protagonistes, ses drames, ses chapitres inach...
Un peu transformée par la magie de l'artiste peintre Eva Nothomb, rencontrée à l'asbl Omar Kayyam créée par Ahmad Aminian. Elle est très discrète et n'aime pas trop qu'on la cite, le contraire de sa cousine. Un jour elle a supprimé son compte facebook et a disparu comme ça, d'un coup... Elle m'a aussi offert un autre tableau où elle me voit en Impératrice du tarot. C'est une histoire singulière mais captivante. Ses toiles m'ont inspiré une série de textes légers pour elle, des poèmes. Elle me propose de m'aider à repeindre la maison, mettre des couleurs. Puis elle se ravise. Une autre amie antiquaire l'accapare pour mettre des feuilles d'or sur des meubles. Chez elle, Eva porte une mésange apprivoisée à l'épaule.
LEGENDE PERSONNELLE Certaines images vous révèlent. Comme si le regard d'un peintre avait la faculté de vous transpercer au-delà de la surface. Celle-ci m’est parvenue comme un cadeau venu d’ailleurs, a travers les réseaux. J’y reconnais moins mon visage éclairé de l'intérieur qu’un passage, une petite porte ouverte sur ma propre légende. Ma part invisible captee par un inconnu, a distance. Cette image, reçue sans l’attendre, éclaire une zone secrète, un territoire intérieur que je traverse depuis longtemps. Comme on laisse une pierre sur le chemin, je dépose ici, dans l'absolu virtuel, cet hommage pour marquer le lieu où quelque chose a vibré. Sans mots ni rendez-vous, un simple échange, un geste créateur, et soudain un fragment de soi revient, sublimé. Cette photo est une correspondance secrete : un miroir offert, un signe, un fil ajouté à mon mystere. Mon image m’est renvoyée, sans explication, comme si elle avait voyagé seule pour me retrouver. Elle porte la patine d...
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