Le dernier ecrivain
Exister à l’imparfait Existe-je, dans un présent éternel ? Ai-je existé, ne serait-ce qu’un seul instant comme individu relié au tout ? Ou bien j'existais sans le savoir, autrefois. Inconsciente du temps qui s'était bloqué à un instant du lointain passé, et qui ne redémarrait pas. Ou qui revenait, cyclique, selon la loi de l'Eternel Retour. À tout moment, mon masque pouvait tomber. Fumée. Et derrière ? La mécanique pouvait reprendre, peut-être, donner le change, et pourquoi pas. C'est beau, tous ces mots inventés de toutes pieces, rapiéces . Loques des anges. Écrire, c’était brasser des nuages de mots, des masses de néant, des absences irrémédiables. Suppléer l’irréalité par des traces : était-ce vivre ? Les livres, les récits, en appelaient à l’uni-vers, tissant les destins dans une seule et même trame. Grande prêtresse des temps modernes , grande voix inaudible. Voix du tonnerre dans l'orage qui soulage. L’être qui me manque se réalisait ainsi. À l’imparfai...