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Vlasta Radan, ou l'art de photographier l'invisible

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Le 3 novembre, aux EO Days, mon regard a croisé celui de Vlasta Radan. Une rencontre comme un petit miracle, l'illusion d'un livre à écrire, et un art rare : photographier l'invisible. Certaines rencontres résonnent comme de petits miracles, des instants suspendus où le tissu du réel s'entrouvre pour laisser entrevoir une autre dimension. Le 3 novembre, lors des journées EO Days , mon chemin a croisé celui de Vlasta Radan. C'était le hasard, sans doute — et pourtant, pas du tout. Dans l'écho de nos solitudes, l'avoir rencontrée a agi comme une résurrection discrète. Un éveil soudain, le sentiment vibrant de se sentir vivante à nouveau, traversée par une Joie que l'on croyait seulement rêvée. Nous avons passé une belle soirée ensemble qui scelle un lien à travers la distance, interconnectées. Il me reste alors son histoire, que je devine. Vlasta possède le parcours sinueux de celles qui cherchent entre les lignes et ...

Cassandre de verre

Cette sensation étrange, presque surnaturelle, m’accompagne désormais. Celle d’avancer dans des couloirs semblables à ceux du Parlement, de traverser les salons feutrés des grandes institutions bruxelloises, et de réaliser que je n’y suis plus - ou à peine. Je glisse entre les silhouettes pressées des décideurs, des experts, d’anciens collegues, des connaissances, comme une anomalie dans un décor aseptisé... Je reviens sur les lieux de mes anciennes veilles, j'y circule comme un fantôme, l’un de mes personnages, la femme invisible. J’écoute les débats sur la compétitivité et l’avenir du cyberspace, l'autonomie du travailleur, je capte les bruits, les éclats de voix, mon corps semble de verre. Les regards me traversent sans s'arrêter. J'ai été l'âme, j'en suis maintenant le spectre. Ce sentiment de n'être qu'une visiteuse invisible ne me quitte pas lorsque je me souviens... Ici aussi, le temps a une texture de brume. Les objets demeurent, témoins immua...

One should always be a little improbable

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On franchit le seuil comme on glisse dans un rêve. Dehors, le tumulte d’Ixelles ; dedans, une parenthèse suspendue, presque magique. En poussant la porte de L’Improbable, j’ai eu cette sensation de basculer de l’autre côté du miroir, dans un autre monde presque. Le décor vous saisit instantanément. Au milieu des briques brutes et d'une douce pénombre, eclairee artificiellemen t une Mini 1000 jaune trône là, magnifique anachronisme flanqué de l’enseigne « L'Improbable – Wine & Food ». Elle semble garée au milieu du salon comme témoin d’une autre époque. Elle a appartenu a l’ancien proprietaire et restera la. Au-dessus des tables, le regard se perd dans un jeu de verres suspendus à l'envers qui capturent les lueurs dorées des lampes halogènes, tandis que de fausses plantes grimpantes apportent une touche végétale et théâtrale à ce loft métamorphosé. À ma droite, la grande table rassemble une quinzaine de convives. Au-dessus d'eux, un lustre diffuse une lumière d...

Deux coccinelles

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Sur mon chemin ce matin deux coccinelles sur le cœur d’une fleur.

Benelux Bourse

MOBILISER L'EPARGNE, JUSQU'OU PEUT ALLER L'ETAT ? Cela fait déjà plusieurs années que la même petite musique revient dans le débat public : les citoyens seraient trop riches, tandis que les États, eux, seraient exsangues. Une idée insidieuse s’installe alors progressivement : puisque l’épargne privée est abondante, pourquoi ne pas la mobiliser au service des priorités publiques ? Ce mercredi 6 mai, lors d’une réunion organisée par le Wilfried Martens Centre, think tank du groupe PPE au Parlement européen, cette logique a franchi un cap supplémentaire. Le ministre Vincent Van Peteghem, à qui les citoyens belges doivent déjà de nombreuses réformes — des droits d’auteur aux pensions — y a présenté une proposition qui mérite toute notre attention : la création d’un « capital Benelux » visant à optimiser l’épargne des citoyens pour financer l’économie. Les mots employés sont séduisants : innovation, recherche, croissance, intégration des marchés. Mais derrière cette terminol...

Ni noir ni blanc

Dans le tram, en quittant une réunion où l’on parlait avec gravité des injustices lointaines, quelque chose m’a frappé par sa proximité. Un homme, assis non loin de moi, parlait fort. Sa voix heurtait les vitres et les regards. Il dénonçait, avec une colère sans détour, ceux qu’il appelait les blancs. Autour de lui, les passagers semblaient s’être répartis sans y penser. Des visages familiers de la ville, d’autres venus d’ailleurs, et entre eux une distance presque silencieuse. À côté de moi, une jeune femme regardait ailleurs, comme si elle avait appris à ne pas entendre. Je lui ai demandé, sans trop savoir pourquoi, d’où lui venait cette colère. Il m’a répondu simplement, presque calmement cette fois, que sa femme était blanche. Il a ajouté qu’il avait une fille. Forcement métisse. Ni tout à fait noire ni complètement blanche. Sa réponse ne dissipait rien. Elle ajoutait seulement une couche de complexité à ce qui, un instant plus tôt, me paraissait simple. Je suis resté là, avec c...

Geopolitical Crisis in the Middle East: What Impact on European Energy Markets?

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Geopolitical Crisis in the Middle East: What Impact on European Energy Markets? – Insights from the BrusselsEnergyClub . This afternoon I took part in a particularly insightful discussion organized by the Brussels Energy Club, focusing on geopolitical tensions in the Middle East and their repercussions on European energy markets. In an uncertain international context, the discussions highlighted the critical challenges related to Europe’s energy security, price volatility, and dependence on external resources. Through expert analyses from industry specialists, this session provided a clearer understanding of current dynamics as well as short- and medium-term outlooks for energy supply in Europe. I would describe as fascinating the contribution of Marat Terterov and his outstanding explanation of the current tensions. Crise géopolitique au Moyen-Orient : quel impact sur les marchés énergétiques européens ? – Retour du Brussels Energy Club Cet apres-midi j’ai participé à une ...

Canada-EU relations at a crossroads : what's next for CETA

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Canada–EU relations at a crossroads: What’s next for CETA? A personal take This evening in Brussels with my friends, I had the chance to attend an event that felt particularly timely. Organized by t he Canada EU Trade and Investment Association, it brought together policymakers, academics, and industry voices to reflect on where Canada–EU relations stand today — and more importantly, where they’re heading. It’s hard to believe that nearly a decade has passed since the signing of CETA. At the time, it was celebrated as a landmark agreement — ambitious, forward-looking, and symbolic of a strong transatlantic partnership. But sitting in that room, one thing became clear: the world around CETA has changed dramatically. The discussions kept circling back to the same question: how can this agreement stay relevant in today’s geopolitical climate? We’re no longer operating in the relatively stable global environment of the mid-2010s. Trade is increasingly shaped by political tensions, s...

Loana, ou l'ère de l'hypervisibilité sans regard

Elles sont toutes mortes comme ca... Il est des existences qui ne prennent sens qu’après coup. Non pas en raison de ce qu’elles furent, mais de ce qu’elles annonçaient. Loana appartient à cette catégorie incertaine : non pas une œuvre, non pas un destin exemplaire, mais un signe. Le signe avant-coureur d’un basculement anthropologique discret, presque imperceptible à l’époque, devenu aujourd’hui notre condition commune. Avec elle, quelque chose s’est ouvert — ou refermé. Loft Story en 2001, ce n’était pas seulement une émission. C’était une expérience de visibilité totale. Une vie livrée sans reste à la captation continue 24 heures sur 24. Une présence réduite à sa surface observable. Le corps, les gestes, les émotions : tout devenait image, tout devenait spectacle, matière à circulation. Pulsion scopique. Et nous avons regardé. Mais que signifie regarder ? Regarder n’est pas voir. Regarder peut même être une manière sophistiquée de ne pas voir. Une manière de maintenir l’autre...