Cassandre de verre
Cette sensation étrange, presque surnaturelle, m’accompagne désormais. Celle d’avancer dans des couloirs semblables a ceux du Parlement, de traverser les salons feutrés des grandes institutions bruxelloises, et de réaliser que je n’y suis plus - ou a peine. Je glisse entre les silhouettes pressées des décideurs, des experts, d’anciens collegues, des connaissances, comme une anomalie dans le décor... Je reviens sur les lieux de mes anciennes veilles, j'y circule comme un fantôme, l’un de mes personnages, la femme invisible. J’écoute les débats sur la compétitivité et l’avenir du cyberspace, je capte les bruits, les éclats de voix, mon corps semble de verre. Les regards me traversent sans s'arrêter. J'ai été l'âme, j'en suis maintenant le spectre. Ce sentiment de n'être qu'une visiteuse invisible ne me quitte pas lorsque je me souviens... Ici aussi, le temps a une texture de brume. Les objets demeurent, témoins immuables de fêtes anciennes et de rires d...