L'attente l'oubli, L'Art a l'Oeuvre art@work
Il y a quarante ans, j’écrivais sur ce qui ne s’écrit pas. Blanchot tel l'un de ses personnages (Thomas l'Obscur) ne m'accompagnait pas. Il fut alors cette voix qui s’efface pour laisser parler l’invisible.
Aujourd’hui, je retrouve ces pages jaunies, fragiles et obstinees — mémoire d’une pensée qui frôlait le bord du langage, là où l’écriture devient fissure, attente, oubli. Veille, murmure. Là où la littérature flirte avec l'abîme, se joue le précipice.
Ces éclats d'absence retiennent le mystère comme on entrouvre une porte vers une chambre hantée. Non pour révéler, mais pour écouter encore ce qui, dans le texte, se tait et persiste pourtant, d'une force indefectible.
Mes lecteurs ont finalement accompagné comme ils le pouvaient cette folie littéraire, poussant un peu mes textes vers le monde, vers l'existence, se doutant qu'ils remontaient à loin, peut-être trop loin. Mais comment revenir de ces contrées, de ces lieux recules, inconnus, inconnaissables ?
A ceux qui me retrouveront encore une fois de l'autre côté lorsque tous les fils reliés composeront l'ensemble, l'éternel retour. "Je reviendrai" clame l'un de mes personnages à l'agonie, plein de terreur.
#MauriceBlanchot #Silence #Absence #Littérature #Mémoire #Poésiealors art@work



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