Un après-midi ordinaire qui dérape
Il y a des jours où la réalité ressemble à un scénario mal écrit. Où un simple appel téléphonique au milieu du 7eme sommet de la Blockchain fait basculer un après-midi banal dans une zone d’ombre que l’on croyait réservée aux thrillers. Ce 2 décembre 2025, vers 15 heures, alors que je me trouvais au Sparks j’ai vécu l’un de ces moments.
Un appel, une voix, et la menace qui tombe tel un couperet grotesque hors de propos. L'on croirait presque à une blague si ce n'était aussi glauque.
Le numéro affiché sur mon téléphone semblait anodin, Verviers : +32 87 30 80 86. Au bout du fil, une voix que je reconnais immédiatement. Un homme qui se présente tantôt comme gestionnaire des finances, tantôt comme avocat d’une dame âgée dont j'avais eu pitie.
Son message, répété plusieurs fois sur un ton noir, caverneux :
> « Fais bien attention à toi. »
Une phrase chargée d’une intention limpide : intimider, déstabiliser, effrayer. Il ne dira rien de plus. Il raccroche. Lorsque je tente de rappeler, je tombe… sur un service pourtant fermé cet après-midi-là. L’évidence s’impose : le numéro a probablement été usurpé.
Des menaces qui ne datent pas d’hier
Quelques mois plus tôt, le même individu avait laissé un message sur mon répondeur, évoquant que mon fils unique « s’éloignerait de plus en plus » de moi — un procédé émotionnellement toxique, clairement destiné à me fragiliser. La voix pretendait que j'etais un écrivain isolé, sans amis... enfermé dans une tour d'ivoire. "Une artiste", clamait-il, fielleux, jettant tout l'art du monde aux ornières.
Il affirmait connaître personnellement un juge de paix, prétendait avoir un « dossier juridique et social » en cours pour cette dame Autant d’éléments qui, déjà, m’avaient semblé troubles.
Des vérifications qui font tomber les masques
Face à ces incohérences, j’ai contacté les services sociaux. Le verdict a été sans appel : aucun dossier n’était en cours. Pire encore, ils m’ont confié que des tentatives d’arnaques visant des personnes âgées avaient été signalées dans le même périmètre. L’assistante sociale m’a elle-même encouragée à contacter la police.
Entre-temps, j’ai découvert que l’homme recevait des sommes pour des achats… qu’il n’effectuait jamais.
Une fausse accusation qui dépasse la limite
Comme si cela ne suffisait pas, j’ai reçu un courrier de l’administration indiquant que mon fils aurait été témoin d’une prétendue agression entre moi et la dame âgée, et qui remontait à plusieurs mois alors qu'il était absent.
Reste une question troublante : qui manipule qui — et dans quel but ?
Quand l’intimidation devient un système
Devant l’accumulation de ces faits, j’ai décidé d'acter ces faits , voire de déposer plainte. Menaces, usurpation d’identité, Intimidation et manipulation, fausse déclaration, tentative d’escroquerie
Parce que lorsque les intimidations deviennent récurrentes, organisées, insidieuses, on ne peut plus rester silencieuse.
Pourquoi j’en parle ici
Écrire, c’est comprendre. Partager, c’est reprendre du pouvoir. Dénoncer ces mécanismes, c’est peut-être empêcher qu’une autre personne — isolée, fragile, vieillissante — en devienne la victime. Mais surtout il me semble que par les temps qui s'annoncent de plus en plus d'événements et de faits de ce type prolifèrent sans réaction. Comme si tout ça était normal, et que la survie relevait de l'endurance à ignorer, bloquer, nier...
Parce que la littérature, pour moi, est aussi là pour éclairer les zones sombres du réel.
Épilogue : Là où la lumière revient
Il y a, au cœur même de la menace, une étrange vérité : celle qui nous rappelle que nous sommes vivants, debout, traversés mais jamais effacés.
Les ombres rôdent parfois au détour d’un appel, d’une voix étrangère, d’un mot prononcé trop bas. Elles cherchent à s’insinuer là où l’on respire, à prendre la place de la paix intérieure, du calme, à troubler le fil des jours.
Mais il suffit d’un geste — écrire, dire, témoigner — pour rallumer la petite lampe intérieure que personne ne peut vraiment éteindre.
Je dépose ici ces lignes comme on dépose une pierre blanche au bord d’un sentier : pour marquer le passage, pour ne pas oublier, pour dire que oui, la peur existe, mais que la lucidité aussi, et qu’elle éclaire plus loin.
Et tandis que je referme cette page, je sens que quelque chose s’apaise. Raconter, c’est déjà reprendre sa place. Parce que la lumière finit toujours par revenir, même après la voix la plus sombre.
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