La maison qui protege
C'est une vieille maison au cœur de la ville. Toute cabossée, elle protège l'âme des poètes qui y ont fait leur nid. Son désordre reflète les avatars de vies qui ont traîne ici, autrefois et toujours. La maison les a sauvées. Elle contient tous les albums des temps anciens, les soupirs, les rêves d'autrefois, les amours de jeunesse et les illusions perdues.
Cette maison n'a pas d'a priori, de faux semblants. Elle se tient droite dans les tempêtes, comme un I. Il y a eu des fêtes ici et des rires d'enfants. Il y a eu des fleurs et des serments, des lettres, des couronnes. La maison a toujours pardonne les ruptures, les départs. La maison a refermé ses volets sur les injustices. Elle a traversé les maladies, les douleurs.
Le cœur de la maison est un abri qui protège des malefices. Quand elle revêt ses plus beaux atours pour aller au bal des souvenirs c'est un château en robe de mariée qui tournoie sans fin sous les feuilles d'or de bouleaux centenaires, disparus, disparus, assassines, mais toujours dans nos memoires. A la rue Berkendael la maison se repose, tranquille, depuis un siecle, prend sa respiration comme une convalescente et souffle des mots doux aux passants. C'est une reine méconnue, l'impératrice de nos destins.
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