Les artistes sont des fraudeurs
Dérive de gouvernance et fracture profonde dans le secteur culturel
Quand les intermédiaires dénoncent les intermittents payeurs... dérive d'un système à bout de souffle...
Dans le monde artistique, rien n’est jamais simple : la création exige du temps, du doute, de l’acharnement. Elle exige souvent des sacrifices que peu comprennent, surtout celles et ceux qui n’ont jamais eu à en vivre directement. Pourtant, c’est précisément de cette énergie vitale – celle des artistes – que se nourrissent certaines structures administratives censées les protéger, nées de leur apport financier, sous forme de... coopératives. Passez-moi le quolibet et la noix de muscade. Passez-moi le sel, le vin, et le beurre, tant qu'a faire.
C’est dans ce contexte que plusieurs témoins dénoncent aujourd’hui des dysfonctionnements graves au sein d’une structure culturelle quasi-monopolistique chargée, historiquement, de gérer des fonds générés par les artistes eux-mêmes, et d'autres intermittents car l'intermittence est une tendance de fond de l'evolution de ce que l'on nomme l'emploi, n'en deplaise aux politiques qui pronent l'austerite. Ce lieu censé être un refuge administratif et qui l'est a bien des egards se transforme en espace où règnent la suspicion, la rigidité bureaucratique, les erreurs comptables, et, Plus grave encore, des pratiques internes opaques sont validees dont la plus grave, la délation.
Un témoignage qui interroge : irrégularités internes, dénonciation, bonne conscience et silence organisé
Selon plusieurs sources concordantes, des irrégularités contractuelles auraient été évoquées au sein même de l’accueil d’une structure culturelle : modification répétée de dates de contrat, avantages injustifiés, et surtout tolérance passive de la part de membres censés garantir l’intégrité du système mènent une conseillère à dénoncer un membre de l'organisation.
Ce témoignage met en lumière un mécanisme bien connu dans la bureaucratie : lorsque le fonctionnariat dérive, ce sont toujours les créateurs qui en paient le prix.
Dans ce cas précis, l’affaire est d’autant plus choquante que les sommes en jeu proviennent directement du travail des artistes, de leurs cotisations, de leurs difficultés bien connues à accéder au salariat. Pendant ce temps, certains employés permanents, parfois éloignés de la réalité du terrain, semblent évoluer dans une logique simple : présumer la fraude… mais pas toujours là où elle se trouve. Et si l'on remettait plutôt en jeu leur contrat, leur salaire, leur utilité ?
La fracture fondamentale : entre ceux qui créent et ceux qui prétendent administrer, les gestionnaires, les intermédiaires
Une ligne de fracture traverse aujourd’hui nombre d’institutions culturelles :
* D’un côté, les artistes,qui écrivent, peignent, composent, fabriquent du sens et de la beauté, souvent au prix d’une précarité chronique. * De l’autre, des salarié·es permanents qui, parfois sans le vouloir, adoptent un discours uniformisé : « les artistes sont des fraudeurs ».
Cette narration toxique, alimentée par une vision méprisante du travail créatif, représentative d'une tendance de fond du travail vers l'intermittence, est en train de devenir un fil rouge idéologique dans plusieurs administrations. Sans boulot (a temps plein) tous fraudeurs ? Elle crée un climat de défiance, d’humiliation, d’invisibilisation.
Pourtant, paradoxe cruel : le salaire de ces employés est financé… par les artistes qu’ils surveillent.
Quand le soupçon s’applique aux créateurs, mais pas aux institutions
Le récit soulevé met en évidence un décalage structurel :
* On questionne constamment les artistes, leurs revenus, leurs dates, leurs démarches. * Mais lorsqu’une irrégularité provient d’une personne interne à l’institution, la réaction est beaucoup plus molle : on relativise, on minimise, on couvre.
Ce double standard n’est pas une simple erreur morale : c’est un acte politique. Il révèle un système où l’administration se protège elle-même avant de protéger celles et ceux à qui elle doit son existence.
Appel citoyen et politique : la transparence n’est pas un luxe
Ce type de situation n’est pas une « anecdote administrative ». C’est un symptôme d’un problème sociétal : la dévalorisation du travail artistique au sein même des organismes censés le défendre.
Il est temps d’exiger :
* une transparence totale sur la gestion des fonds provenant des artistes et autres intermittents ; * des mécanismes d’alerte sécurisés pour signaler des irrégularités internes sans crainte de représailles ; * une formation obligatoire au travail artistique pour les employés travaillant dans ces structures ; * la fin du discours de suspicion généralisée envers les créatrices et créateurs.
L’art ne se résume pas à des cases à remplir ni à des dates à ajuster. Il est la sève d’un pays, un pilier de démocratie, un espace de liberté. Ceux qui en vivent devraient commencer par le respecter.
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